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ricardo gonzalez Journaliste indépendant, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison en mars 2003 pour avoir dirigé la publication de « De Cuba », la première revue indépendante à paraître depuis la Révolution cubaine de 1959.
1990 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l'arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane

Fulgencio Batista et le Cuba d'avant la révolution


Fulgencio Batista Zaldívar est né dans la province d'Oriente du Cuba en 1902. On dit que ses parents, qui ont vécu et ont travaillé dans une plantation de sucre, sont d'origine mélangée : Noir, blanc, Indien, et (selon une croyance populaire très répandue) Chinois. En 1921 il rejoint l'armée en tant que simple soldat, et en 1932 il est promu sténographe militaire avec le rang de sergent.

En 1934, Batista force le Président progressiste Ramón Grau San Martín à démissionner, et nomme Carlos Mendieta à la présidence. Dans les cinq jours, les Etats-UNIS reconnaissent le nouveau gouvernement de Cuba.
Le tour de Batista arrive en 1940. Soutenu par une coalition de partis politiques, dont les communistes du PSP, il défait son vieux rival Grau San Martín au cours de la première élection présidentielle organisée sous la nouvelle constitution cubaine de 1940. Pendant son mandat de 4 ans, les relations commerciales avec les Etats-Unis s'intensifient, mais en 1944, Grau San Martín est élu président contre Batista qui démissione et se retire aux Etats Unis.

En 1952, Batista revient une nouvelle fois par la force : il dépose le Président cubain élu Carlos Prío Socorras. Le coup d'état a eu lieu trois mois avant les prochaines élections présidentielles. Le gouvernement Batista est aussitot reconnu par les Etats-UNISd' Eisenhower

Peu de temps après, Batista suspend temporairement un certain nombre de garanties constitutionnelles de la constitution de 1940, comme le droit de grève. Batista encourage l'industrie du jeu, et avec l'aide de Meyer Lansky, La Havane devient une sorte de "Las Vegas latine". Pour autant le Cuba de Batista n'était pas l'enfer que décrit sans arret la propagande castriste :

le Cuba d’avant la révolution mythes et réalités (extrait).

Le milieu des gangsters américains est certes présent, prospérant du produit des jeux, de la drogue et de la prostitution mais pour le reste il semble que l'on ait tendance à noircir un peu le tableau. Cuba connaît pendant les années 50 une relative période de prospérité grâce à l'industrie sucrière en plein essor et à l'afflux de capitaux américains : Cuba se situe alors au troisième rang des pays d'Amérique latine en terme de PIB/ hab. mais aussi pour l'instruction, la santé et la protection sociale. Mais comme dans beaucoup de pays d'Amérique Latine, l'expansion s'accompagne d'un accroissement spectaculaire des inégalités, et surtout d'une énorme disparité entre les villes et la campagne. La Havane a elle seule compte plus d'un million d'habitants en 1958, un cinquième des 6,5 millions d'habitants de l'île. Elle bénéficie d'un afflux touristique de 250 à 300 000 touristes américains par an et d'un niveau de vie très supérieur au reste du pays. Le taux d'analphabétisme est à la Havane de 10% contre 43% à la campagne (23% en moyenne, ce qui constitue une performance dans la moyenne pour l'époque) et la capitale accapare 65% des médecins et des lits d'hôpitaux pour seulement 22% de la population. Aujourd'hui Castro peut se vanter d'avoir fait passer le taux d'alphabétisation de Cuba de 78% à 98%, mais il a aussi retiré à beaucoup de Cubains l'envie de lire avec une presse aux ordres et une édition moribonde. La presse sous Batista était bien plus libre qu'aujourd'hui : Castro a d'ailleurs bénéficié d'un soutien actif de titres de première importance comme l'hebdomadaire Bohemia.
Sous Batista La Havane n'était pas seulement un lupanar tombé sous la coupe de la mafia, c'était aussi la ville d'Amérique latine qui comptait le plus de salles de cinéma par habitants et la vie culturelle était loin d'être inexistante : il suffit de lire les romans de Guillermo Cabrera Infante ou d'Alejo Carpentier pour s'en convaincre. La revue "Origenes" (origines) dirigée par Lezama Lima était une référence dans le microcosme culturel cubain et des dramaturges comme Virgilio Pinera ont connu de grands succès avant la révolution avec des oeuvres de qualité comme "Electra garrigo".

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Copyright © 1999 Olivier Languepin / Éditions Gallimard. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'auteur. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'auteur.

Selon Mark Falcoff, ("Cuba, the morning after" ed. American Ent. Institute) les indices economiques de Cuba en 1958 sont parlants : parmi les pays d'Amérique latine, Cuba se classe en 4 eme position pour l'espérance de vie, en deuxieme position pour le nombre de téléphones par habitant, et premier pour le nombre de téléviseur par habitant. Le taux d'alphabétisation de Cuba est alors de 76,4% soit la quatrième place sur le continent latino américain après l'Argentine, l'Uruguay et le Chili. Cuba comptait en 1958 une presse abondante (la troisième du continent latino en diffusion par habitant avec 58 quotidiens et 129 magazines. Le PIB par habitant de Cuba était en 1958 comparable avec celui des pays pauvres d'Europe comme l'Italie, l'Espagne ou la Grèce.

Cuba comptait aussi un système de santé très developpé avec un lit d'hopital pour 300 habitant (contre un pour 875 au Mexique à la meme époque). En ce qui concerne la mortalité infantile, avec un taux de 32 pour mille, Cuba était en 1957, en 13 eme position devant....la France.

28 août 2008
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